L’histoire des règles est un roman qui est fait de rebondissements. En France et dans le monde, depuis des siècles, le phénomène des menstruations continuent de fasciner l’Homme. Puisque ce sang menstruel a longtemps été obscur, l’auteure Élise Thiébaut a décider de raconter l’histoire des règles dans son livre ” Ceci est mon Sang – Petite histoire des règles“.
À l’âge des premières femmes
Depuis toujours la femme a dû trouver des solutions lors de la période menstruelle. Pendant la préhistoire, se sont des suppositions qui sont faites sur la façon dont les femmes géraient ces périodes de menstruation, car il est difficile d’en être certain. Mais certains anthropologues consentent à dire que les femmes devaient probablement s’isoler du monde, comme le font encore les femmes dans certaines sociétés.
Histoire ancienne des menstruations
Les traces les plus anciennes que nous avons sur le sujet remontent à l’Égypte ancienne. On sait qu’en 1550 av. J.-C., les Égyptiennes avaient inventé ce qui deviendra le tampon. En effet, elles enroulaient des petites bandes de lin ou de laine qu’elles plaçaient dans leur vagin, comme nous le ferions aujourd’hui avec nos tampons.
Dans la Grèce antique, il existait des tissus destinés à recueillir le sang des règles pour l’offrir à la déesse de la fécondité et de l’accouchement Artémis pour obtenir sa protection.
L’insertion d’un objet dans le vagin est proscrite et vue comme un péché (comme beaucoup de chose qui avait lieu à ce niveau du corps et de la médecine). Les femmes ne peuvent plus mettre de protections, ni je sous-vêtements et leurs jupons feront office de serviettes.
Les femmes indisposées sont très mal vues. On leur attribue des pouvoirs occultes. Une femme qui a ses règles est une sorcière.
Il ne faisait pas bon d’être réglés lors de ce siècle. Il ne fallait surtout pas montrer de trace de sang menstruel au risque de se faire exclure de la communauté des Hommes. Car tout ce qu’une femme en période de menstruation touchait était “contaminé” selon les croyances courantes de cette époque.
Ces croyances populaires dureront TRÈS longtemps, malheureusement, surtout dans les campagnes.
Le sang menstruel : des campagnes aux châteaux
À l’époque, les femmes n’avaient pas de contraceptif et faisaient beaucoup plus d’enfants. L’apparition des règles était par conséquent moins fréquente au long de leur vie.
Tandis que dans les châteaux les dames nobles avaient des linges particuliers pour le sang maintenus avec des ceintures de tissus.
Chez les Amérindiens, le cycle d’indisposition faisait partie d’un rite de réclusion, pour se reconnecter à son corps, sa nature profonde féminine et à la nature. Le sang devient alors un prétexte à faire des rituels, voire, des transes chamaniques.
Le siècle du changement : de la médecine au cycle menstruel
Le gynécologue japonais K.Ogino découvre le phénomène d’ovulation chez la femme et Pasteur fait prendre conscience de l’importance d’avoir une bonne hygiène pour vaincre la maladie.
C’est alors qu’on invente les ceintures sanitaires pour gérer les flux menstruels. Un mélange entre des gaines et des porte-jarretelles, mais beaucoup moins glamour et confortable.
La ceinture permettait de placer des bandes de tissus absorbants au niveau de l’entre-jambes. Comme une serviette hygiénique maintenue par des lanières pour absorber le sang.
Alors que les premiers prototypes de coupes menstruelles voient le jour en 1869 et que la première cup est commercialisée en 1930, le concept est trop moderne et les femmes ne sont pas prêtes à entrer en contact ainsi avec leur corps.
Les serviettes hygiéniques jetables furent commercialisées dans les années 20. Et n’arrivent dans les supermarchés français qu’en 1963 !!!
En 1937, un médecin américain Carl Cleveland Haas s’inspire des éponges menstruelles pour créer les tous premiers tampons qu’il appelle Tampax. (Imaginez bien que les jeunes filles en France, lors de leur premières menstruations sont encore loin d’avoir leur mères leur expliquer le processus d’insertion dans leur corps..)
Comme il est toujours très mal vu de s’introduire un objet et les doigts dans le vagin, le médecin ajoute un applicateur et devra persévérer pour arriver à mettre ce produit dans les mains des femmes.
En 1947, des Allemands créent un tampon plus petit que le tampax et sans applicateur. Il se répand en Europe en parallèle des serviettes hygiéniques jetables.
La révolution des mœurs occidentales
Dans les années 50 et 60, les femmes changent. Les mouvements féministes et l’éducation des femmes révolutionnent leur vision d’elles-mêmes.
Les menstruations sont mieux comprises et appréhendées.
L’histoire des règles est alors face à une tragédie : la découverte du syndrome du choc toxique, provoqué par le tampon Rely en 1979. Ceci entraîne aux États-Unis un plus grand contrôle autour des règles et de ces produits menstruels.
Les publicités de tampons et serviettes hygiéniques sont autorisées à la télévision à partir des années 70. Mais la vue du sang menstruel à la télévision reste toujours aujourd’hui très rare. Oui aux yeux du monde, dans les publicité le sang n’est pas rouge, il est bleu…
L’histoire des règles moderne
Les marques se multiplient et proposent des gammes variées pour répondre à toutes les attentes: la bande adhésive, les serviettes ultras plates, avec des rabats sur les côtés pour s’accrocher à la culotte, les serviettes jetables spéciales nuit, etc.
En France c’est la marque Nana qui fait fureur dans les années 90.
Puis en 2000, apparaissent les protège-slips pour string. Les utilisatrices de tampons hygiéniques vont petit à petit se tourner vers une vision plus écolo de leurs saignements. Utiliser la coupe menstruelle pendant la menstruation ou l’éponge menstruelle qui permet d’avoir un rapport sexuel.
La première culotte menstruelle
L’utilisation abondante de protections hygiéniques voit des problèmes arriver. Des études montrent qu’il y a de nombreux produits chimiques dans ces protections jetables. Pour palier à cela la protection lavable voit le jour.
En 2011, la marque Modibodi développait les culottes menstruelles en Australie.
À partir de 2016, les culottes menstruelles apparaissent dans le paysage français pour proposer une nouvelle façon de vivre ses règles. La marque Fempo est une marque française pionnière dans le domaine des menstrues en France.
Plus écologique que les périodiques jetables, et sans avoir à manipuler la coupe menstruelle, les culottes menstruelles sont une nouvelle alternative pour vivre son cycle menstruel et sa féminité pleinement et confortablement.
En l’espace de quelques années, l’histoire des règles a fait un bond en avant.
Mais si les femmes occidentales ont accès aujourd’hui à de nouvelles façons de recueillir leur flux menstruel, d’autres femmes sont encore dans la précarité menstruelle.
Au Népal, chaque mois, les femmes doivent toujours s’exiler pendant leur période de règles, car elles sont jugées impures, comme au Moyen âge. De nombreuses jeunes filles sont encore mal informées et ne vont pas à l’école à cause du manque de protections périodiques et de la peur que les règles apparaissent.
Le chemin est encore long, mais en bonne voie. Des associations se créent pour lutter contre la précarité menstruelle comme Règle élémentaires, une association française.
À nous, femmes et hommes, de changer les mentalités.